26 février 2026:
Déclaration du Centre pour la prospérité locale
Justin Cantafio, directeur des politiques
La Nouvelle-Écosse est à la croisée des chemins.
Alors que nous sommes confrontés à une insécurité alimentaire croissante, à une crise du coût de la vie qui s'aggrave, à l'instabilité climatique, à la crise du logement et à des inégalités grandissantes, notre gouvernement provincial a choisi de réduire le financement des organismes et des programmes qui assurent la cohésion des communautés. Groupes artistiques et culturels. Initiatives pour la sécurité alimentaire. Programmes environnementaux et communautaires. Le tissu social de la société civile.
Plus de 250 subventions auraient été coupées ou réduites dans ce budget, touchant presque tous les secteurs de la province.
La province présente ces coupes comme de la prudence, des mesures d'austérité, une gouvernance responsable. Or, il n'en est rien. C'est de l'austérité pure et simple, une vision à court terme et une incohérence économique. C'est aussi l'incapacité à répondre aux enjeux actuels.
Près d'un ménage néo-écossais sur trois est aujourd'hui en situation d'insécurité alimentaire, et ce problème touche de manière inégale les ménages noirs de la Nouvelle-Écosse, le taux atteignant 461 000 000 pour cent. Les banques alimentaires font face à une demande record. La concentration des entreprises fragilise notre système alimentaire et entraîne la faillite des agriculteurs à un rythme alarmant. Les organismes communautaires sont débordés. Et pourtant, dans ce contexte, nous réduisons les initiatives en matière de sécurité alimentaire.
On réduit les budgets alloués aux arts et à la culture, en prétendant éliminer le “ superflu ”.
Nous détruisons les infrastructures communautaires essentielles qui sont le fondement de l'identité, du tourisme, de l'emploi et de la cohésion sociale. Nous faisons peser un fardeau considérable sur les systèmes de santé, d'éducation, les municipalités et les familles déjà fortement fragilisées.
Ce n'est pas de la responsabilité budgétaire. C'est l'idéologie de l'austérité déguisée en responsabilité.
Il n'est pas nécessaire que les choses se passent ainsi. Il existe des solutions alternatives pratiques, déjà utilisées ailleurs et ici même.
Il existe une autre voie.
L’occasion manquée et ce que nous aurions pu faire à la place
La Nouvelle-Écosse n'a pas besoin de réduire les fonds publics. Elle a besoin de les réorienter.
De l'autre côté de l'Atlantique, vieux L'Écosse, qui a donné son nom à notre province, vient de passer le Projet de loi sur la création de richesse communautaire avec le soutien de tous les partis. Ils n'ont pas agi ainsi par facilité. Ils l'ont fait parce que les dirigeants ont compris que l'exploitation sans fin, les fuites économiques et la dépendance aux marchés financiers mondiaux ne constituent pas des stratégies de résilience.
La création de richesse communautaire est une approche pragmatique. Elle soulève des questions simples mais essentielles : à qui appartiennent les actifs de notre économie ? Où vont les deniers publics lorsque les gouvernements dépensent ? Ces fonds circulent-ils localement ou disparaissent-ils ? Renforçons-nous les capacités locales ou accentuons-nous la dépendance ?
La Nouvelle-Écosse n'a pas besoin de réduire les fonds publics. Elle a besoin de les réorienter.
La véritable opportunité réside dans la manière dont les deniers publics sont déjà dépensés. L'État n'a pas besoin de dépenser davantage pour renforcer les économies locales ; il doit simplement dépenser différemment.
Au Centre pour la prospérité locale, notre recherche sur le remplacement des importations On constate qu'au moins 401 000 milliards de dollars dépensés dans les provinces de l'Atlantique quittent la région sans aucun impact économique positif sur le plan local. Quatre dollars sur dix disparaissent.
Ce n'est pas un problème de géographie, mais plutôt un problème de conception structurelle.
Et l'austérité ne change rien à cela.
La véritable opportunité réside dans la manière dont les deniers publics sont déjà dépensés. L'État n'a pas besoin de dépenser davantage pour renforcer les économies locales ; il doit simplement dépenser différemment.
Les coupes budgétaires ne réduisent pas les coûts. Elles les augmentent.
L'insécurité alimentaire n'est pas un mystère. Comme l'a récemment déclaré Feed Nova Scotia, C’est un choix politique. Des centaines de milliers de Néo-Écossais souffrent d’insécurité alimentaire en raison de revenus insuffisants, de logements inabordables et d’un marché du travail précaire. Les écoles développent leurs programmes de petits déjeuners car les enfants arrivent affamés. Les organismes communautaires d’aide alimentaire sont au bord de la faillite alors que la demande ne cesse d’augmenter. Nombre de ces organismes sont aussi ceux qui mettent en place des circuits courts, soutiennent les producteurs locaux et font circuler l’argent au sein de leurs communautés.
Lorsque nous réduisons les initiatives en matière de sécurité alimentaire, nous ne réduisons pas réellement les coûts. Nous ne faisons que repousser le problème et transférer ces coûts vers d'autres secteurs clés du système. Nous les reportons sur les services d'urgence, les écoles et les services sociaux. Sur des familles déjà au bord de la rupture.
Il en va de même pour les arts et la culture. En Nouvelle-Écosse, les institutions culturelles ne sont pas de simples extras : elles sont de véritables piliers économiques. Les musées, festivals, maisons d’édition et organismes artistiques locaux dynamisent le tourisme, animent les rues principales et soutiennent l’emploi local, du Cap-Breton à Yarmouth. Ils contribuent à forger l’identité et le sentiment d’appartenance. Lorsque de petits musées ferment leurs portes ou que la programmation culturelle disparaît, les communautés perdent leur culture, leurs visiteurs, leur fréquentation, les dépenses locales et les raisons pour lesquelles les jeunes ont envie de rester.
L'infrastructure culturelle est une infrastructure économique. Elle fait circuler l'argent localement et renforce la richesse de la communauté d'une manière que les tableurs peinent à saisir, mais dont les communautés ressentent immédiatement la disparition. Chaque festival, musée et maison d'édition locale soutient un réseau de petites entreprises, d'entrepreneurs, de travailleurs du secteur de l'hôtellerie-restauration et de fournisseurs locaux.
Les organisations environnementales sont elles aussi confrontées à des coupes budgétaires et à l'incertitude. Parallèlement, les décisions politiques touchant la foresterie, la protection de la faune et la gestion des ressources naturelles suscitent l'inquiétude dans toute la province.
La résilience climatique n'est pas une option. C'est une infrastructure. Celle de la Nouvelle-Écosse Objectifs environnementaux et loi sur la réduction des changements climatiques La Nouvelle-Écosse fixe des objectifs ambitieux et contraignants sur le plan législatif. Ces objectifs ne se réalisent pas d'eux-mêmes. L'essentiel du travail de terrain est effectué par des organismes communautaires, des groupes de gestion locale et des organismes environnementaux sans but lucratif qui collaborent avec le gouvernement et les collectivités. On ne peut atteindre les objectifs environnementaux de la Nouvelle-Écosse sans démanteler les capacités communautaires nécessaires à leur mise en œuvre.
Si nous voulons réellement atteindre nos objectifs climatiques et de conservation, il est absurde de démanteler ces capacités. On ne peut pas se fixer des objectifs ambitieux sur le papier tout en affaiblissant les organisations qui œuvrent sur le terrain.
Ce moment s'inscrit également dans un débat plus large sur les terres, la gestion responsable et les obligations découlant des traités au Mi'kma'ki. Les décisions économiques prises aujourd'hui façonnent non seulement les budgets, mais aussi nos relations à la terre, à la communauté et aux générations futures.
Les dépenses publiques sont un moteur économique
La province de Nouvelle-Écosse dépense déjà des milliards chaque année, par l'intermédiaire de ses ministères, écoles, hôpitaux et organismes publics, pour acheter des aliments, des services de construction, de l'énergie, des technologies et des fournitures.
La question n'est pas de savoir si le gouvernement dépense, mais où vont ces dépenses.
Lorsque les financements sont retirés aux programmes communautaires et aux organismes locaux, une moindre quantité de fonds publics circule localement. Une plus grande partie est détournée vers l'extérieur. Cela affaiblit les économies locales au lieu de les renforcer.
Et ce n'est pas abstrait. C'est ainsi que fonctionnent les fuites de capitaux. L'argent s'envole. La propriété se concentre. Les communautés deviennent plus dépendantes des grandes entreprises que des commerces locaux.
Notre recherche sur les achats Il a été constaté que les fournisseurs locaux réinvestissent environ 100 000,40 $ de chaque dollar contractuel dans leur comté et près de 100 000,80 $ dans leur province. C'est de la valeur conservée. C'est de la circulation. C'est de l'activité économique locale créée sans nouvelles dépenses.
Prenons l'exemple du système alimentaire de notre province. La concentration des entreprises dans ce système a réduit le pouvoir d'action des agriculteurs, appauvri les industries de transformation régionales et accentué notre dépendance aux aliments importés vendus par les chaînes nationales.
L'austérité passe à côté de l'opportunité.
La solution réside dans l'investissement dans des systèmes alimentaires relocalisés. Il faut développer la production agroécologique, mettre en place des infrastructures adaptées à l'échelle locale et développer la transformation régionale. Il est également essentiel de multiplier les appels d'offres publics qui soutiennent réellement les exploitations familiales et les coopératives.
Cela nécessite des investissements. Il ne faut pas reculer devant l'instant présent.
Le développement économique communautaire reconnaît que les marchés publics, les modèles de propriété, la gestion foncière responsable et le financement territorial sont des outils de résilience. Il ne s'agit pas d'idées marginales. L'Écosse vient de les intégrer à sa législation. Elles sont actuellement expérimentées à travers l'Europe et les États-Unis.
La Nouvelle-Écosse peut choisir de montrer l'exemple dans ce domaine.
Une économie relocalisée engendre la prospérité
La relocalisation est essentielle à la résilience. Elle implique le renforcement des secteurs fondamentaux qui ne peuvent être délocalisés, tels que les services à la personne, l'alimentation et la pêche, le logement, la production culturelle, les énergies renouvelables et les infrastructures locales.
Cela signifie réduire les fuites de richesse (et d'impôts) en soutenant la propriété locale, les coopératives, les fiducies foncières communautaires et les modèles d'entreprises inclusifs.
Cela signifie des décisions de financement qui permettent de maintenir l'argent en circulation dans les collectivités de la Nouvelle-Écosse, au lieu de le laisser en sortir.
Les travailleurs migrants, les agriculteurs, les artistes, les travailleurs du secteur social et les organisateurs communautaires ne sont pas des postes de dépenses à réduire. Ce sont des acteurs économiques qui font vivre le tissu social de cette province.
Cela signifie concevoir des subventions, des appels d'offres et des investissements publics pour renforcer les capacités locales à long terme plutôt que d'opter pour des solutions de fortune à court terme ou de les supprimer purement et simplement.
Cela signifie reconnaître que les travailleurs migrants, les agriculteurs, les artistes, les travailleurs du secteur social et les organisateurs communautaires ne sont pas des dépenses à réduire. Ce sont des acteurs économiques essentiels au tissu social de cette province.
Cela signifie reconnaître que les communautés rurales et côtières ont généré de la richesse pendant des générations grâce à la pêche, aux forêts, à l'agriculture et au travail, mais qu'une trop grande partie de cette valeur s'est écoulée vers l'extérieur.
Et cela implique d'avoir le courage de réorienter les dépenses en conséquence, au lieu de couper et de prendre des décisions à l'aveuglette.
C'est un moment de choix
L'austérité est facile. Elle est synonyme de contrôle. Elle paraît décisive.
Mais l'austérité n'a jamais résolu les problèmes structurels.
Si la Nouvelle-Écosse veut bâtir une véritable souveraineté et une résilience véritable, elle doit cesser de saper les institutions qui soudent les communautés et commencer à repenser la circulation des fonds publics.
La frustration que nous ressentons en ce moment est bien réelle. Elle est justifiée. Et nous pensons qu'elle peut être mise à profit.
Au lieu de réduire les financements dans une tentative désespérée de maintenir à flot une économie extractive, nous pouvons saisir cette occasion pour repenser la circulation des fonds publics, la propriété des actifs et le renforcement des secteurs fondamentaux au bénéfice de tous.
L'Écosse traditionnelle a montré à quoi cela pouvait ressembler. Nouveau L'Écosse doit décider si elle veut suivre le mouvement.
La prospérité ne survient pas par hasard. Elle se construit et se préserve au fil du temps. Il en va de même pour l'austérité.
La Nouvelle-Écosse a encore le temps de choisir celui qu'elle préfère.
Ce que vous pouvez faire, maintenant
Dans les jours et les semaines à venir, nous encourageons les Néo-Écossais à faire deux choses :
Contactez d'abord votre député provincial.. Faites-leur savoir que la réduction des infrastructures communautaires en pleine crise multiforme est inacceptable.
Deuxième,participer au nouveau sondage Engage Nova Scotia sur la qualité de vie Ce système a été lancé cette semaine. Si nous voulons une économie qui serve réellement les citoyens et leur territoire, nous devons mesurer ce qui compte et investir en conséquence.
